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 Traitement particulier d'un tableau double face . (colle de pâte, réversibilité, pontage)

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MessageSujet: Traitement particulier d'un tableau double face . (colle de pâte, réversibilité, pontage)   Mer 10 Déc 2008 - 13:33

Traitement particulier d’un tableau double face.

Le texte qui suit est publié avec l’autorisation du conservateur en charge de l’œuvre.

Problématique
Le tableau, daté du début du 17ième siècle, présentait la particularité d’avoir été plié. En effet l’observation de la surface en lumière rasante révéla la présence d’une quinzaine de pliures anciennes (une verticale et quatorze horizontales), témoin d’un ancien stockage roulé sans support de maintien. C’est aussi vraisemblablement la raison qui explique la présence d’un rentoilage ancien à la colle de pâte.

Visiblement victime d’un dégât des eaux (traces de larges coulures au revers), cette œuvre présentait d’importants problèmes de support qui nuisaient tant à sa conservation qu’à sa lecture. L’adhésion du complexe toile originale / toile de rentoilage était très mauvais et l’on notait de très larges « cloques » formant des lignes verticales ainsi que de multiples zones de décollement. L’importance des cloques et leur étendue interdisaient d’envisager une intervention conservatoire sans retrait du rentoilage.

Traitement du support
Une fois l’œuvre sous facing et déposée de son châssis, la toile de rentoilage fut retirée par pelage tangentiel à 180°. Or alors que l’opération était à peine commencée, le revers original présenta une surface peinte.
Une fois le retrait complet effectué et que la présence d’un blason fut constatée, le conservateur en charge de l’œuvre fut immédiatement prévenu de la découverte et une réunion de chantier organisée.
[img][/img]
Après examen du revers figurant les armoiries d’un cardinal, la conservatrice a alors exprimée le souhait que ce revers soit conservé à la vision et que par conséquent le doublage envisagé au devis ne soit pas fait.
Nous avons alors proposé de dégager entièrement la colle de pâte présente sur la totalité du revers et d’envisager, après la réalisation de tests de consolidation, une nouvelle réunion de chantier afin de définir un nouveau protocole de traitement.

La grande majorité de la colle de pâte (environ 70%) a été retirée mécaniquement au moyen d’un scalpel. Les restes de colle incrustés dans le support original ont été retirés grâce à la pose d’un gel de méthylcellulose à 5% dans de l’eau. Le gel et la colle ont alors été retirés mécaniquement puis la surface dégagée rincée à l’eau distillée.
Afin de permettre la suite des interventions sur le revers sans risque pour la couche picturale, il a été décidé de réaliser un cartonnage avec mise sous tirants.
[img][/img][/img]

A la demande de la conservatrice, nous avons procédé à des séries de tests dans le but de consolider les pliures et déchirures du textile afin de permettre la retension de l’œuvre sans doublage mais aussi sans risque pour l’objet.

Tests de maintien des déchirures

Toile originale
La toile originale semble, à un moment de son histoire, avoir été pliée d’abord latéralement puis une dizaine de fois dans le sens de la hauteur (une pliure tous les 10 cm environ). La régularité de ces altérations laisse à penser qu’elle a pu être entreposée dans un espace rectangle mesurant à peine 10 X 60 cm.
Les pliures ont entraînés à la fois des ruptures du textile mais aussi de multiples étirements de fibres. Toutes ces altérations sont parallèles à la chaîne et donc sectionnent les fils de trame.
La toile originale est en lin, d’armure toile type 1/1, d’épaisseur moyenne et de tissage assez serré (14 fils par cm dans le sens trame, 11 fils dans le sens chaîne).[img]
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MessageSujet: Re: Traitement particulier d'un tableau double face . (colle de pâte, réversibilité, pontage)   Mer 10 Déc 2008 - 14:26

Préparation des échantillons

Des bandes de toile de lin (de tissage et d’armure toile proche de l’original) ont été préparées (carbonate de calcium + colle de peau) puis peints (huile + pigments).Les parties préparées et peintes sont ensuite incisées à l’aide d’un scalpel.



Tests

1/ - Pontage à l’Araldite Cristale.
Matériaux : Araldite Cristal (Marque Bostik) prise rapide (époxy à 2 composants)
Composition : résine époxyde Bisphénol A de poids moléculaire < 700 – N (3 Diméthylaminopropyl) – 1,3 Propylénediamine.
Caractéristiques : haute résistance à l’arrachement, à l’humidité, aux chocs et aux vibrations. Pleine solidité après 2 heures.
Méthodologie : de l’Araldite Cristal (résine + durcisseur) est introduit le long des lèvres de la déchirure. Après séchage sous presse (18 h), un test d’effort est réalisé.


Conclusion : la résistance à la traction, qui semblait moyenne, et la migration de l’adhésif à la face ne permettaient pas de sélectionner ce type de traitement.


2/ - Pontage à l’aide de gouttelettes d’Araldite Cristale.
Matériaux : Araldite Cristal (Marque Bostik) prise rapide (époxy à 2 composants)
Composition : résine époxyde Bisphénol A de poids moléculaire < 700 – N (3 Diméthylaminopropyl) – 1,3 Propylénediamine.
Caractéristiques : haute résistance à l’arrachement, à l’humidité, aux chocs et aux vibrations. Pleine solidité après 2 heures.
Méthodologie : de l’Araldite Cristal (résine + durcisseur) est déposée sous forme de gouttelettes (16 ponts sur 10 cm) le long des lèvres de la déchirure. Après séchage, un test d’effort est réalisé.


Conclusion : la résistance à la traction semblait meilleure et aucune diffusion à la face n’est constatée. Toutefois l’épaisseur des gouttes risquait à la fois de gêner la suite des traitements (comme par exemple un doublage aveugle ou une protection de revers) et de marquer à la face. Le traitement a été lui aussi écarté.

Remarque : d’autres premiers tests ont été réalisés avec des gouttes beaucoup plus petites (déposées avec une aiguille) mais dans ce cas la résistance mécanique était mauvaise. La reprise de déchirure ainsi réalisée n’a pas résisté au test d’effort.

3/ - Pontage à l’acétate de polyvinyle + pose de renfort en crépeline de soie.
Matériaux : la déchirure est traitée à l’aide d’acétate de polyvinyle + fibres de lin et le renfort réalisé en crépeline de soie 10 gr/m2 effrangée collée au Plextol B 500 (Dispersion acrylique à base d'acrylate d'éthyle, méthacrylate de méthyle et méthacrylate d'éthyle).
Caractéristiques : la crépeline de soie a été sectionnée pour ses qualités optiques (elle reste relativement transparente après séchage de l’adhésif) et mécanique. Très fine, tissée, elle offre un meilleur renfort que les intissés de même épaisseur.
Méthodologie : collage fil à fil entre les lèvres des déchirures (avec introduction de fibres de lin) et séchage sous presses locales (24 h). L’échantillon est ensuite retourné et le renfort est scellé au Plextol B 500 .


Conclusion : la résistance du pontage est satisfaisante et l’aspect du revers, sans être entièrement transparent, laisse visible la composition peinte.
Après une réunion de concertation, le choix de ce traitement a été validé.

Remarques :
Deux autres traitements possibles ont été volontairement écartés.
- le pontage des déchirures à l’aide de fils de Paraloïd B 44 dans de l’acétone jugé trop souple et trop élastique.
- le doublage sur polycarbonate non alvéolé, écarté pour les risques de développement de micro-organismes dus au confinement et à la présence de résidus de colle pâte (susceptibles de servir de substrat nutritif ).
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MessageSujet: Re: Traitement particulier d'un tableau double face . (colle de pâte, réversibilité, pontage)   Mer 10 Déc 2008 - 14:39

Conclusion des tests

Après cette série de test, il a été décidé de réaliser
- les pontages de déchirures à l’acétate de polyvinyle avec adjonction de fibres de lin
- la pose de pièce de renfort à l’aide de crépeline de soie 10 gr/m2 collée au Plextol B500.


Ce type de traitement oblige à envisager à la fois la question du format (le chant interne arrivera à la limite de la toile peinte afin de permettre l’observation totale du revers) mais aussi de la pose d’une protection de revers En effet si cette opération apparaissait approprié dans le cas de notre tableau, il n’en restait pas moins que l’absence d’un renfort général (type doublage) laissait le support dans une certaine fragilité. Cette protection de revers devait naturellement être amovible afin de permettre la présentation temporaire du revers.
Enfin, en accord avec la conservation du musée, il a aussi été décidé de ne plus faire voyager cette œuvre.



Pose d’un dos protecteur amovible.
Conformément aux recommandations, le revers du tableau a fait l’objet de la pose d’un dos protecteur amovible.


Celui-ci a été réalisé en toile polyester P110 tendu sur un châssis fixe qui s’emboîte parfaitement dans le premier châssis. Le maintien a été réalisé à l’aide de six pattes métalliques en inox vissées dans les montants des deux châssis.
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MessageSujet: Re: Traitement particulier d'un tableau double face . (colle de pâte, réversibilité, pontage)   Aujourd'hui à 9:31

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